Doctorat sociologie

Carole Thomas à l'ENS préparant sa thèse
Le bruit de la loi - comment les lois deviennent médiatiques
 
Thèse de sociologie soutenue à l’ENS Cachan le 19 décembre 2008
 
 
Membres du Jury :
 
 
Nicole D’ALMEIDA Professeure des universités-Paris IV-CELSA - Examinatrice
Benoît BASTARD Directeur de recherche CNRS ENS Cachan - Examinateur
Jean-Gabriel CONTAMIN Professeur des universités Lille II - Rapporteur
Patrice DURAN Professeur-ENS Cachan - Directeur de thèse
Jean-Baptiste LEGAVRE Professeur des universités UVSQ – Rapporteur
 
Résumé
A partir de l’analyse de la mise à l’agenda et des processus de communication de deux lois très
médiatisées, cette thèse s’attache à montrer en quoi les gouvernants mobilisent les lois comme
instruments de communication. Etudier la loi comme un instrument de gestion des problèmes
publics en même temps que de communication politique est une façon d’articuler sociologie
politique de l’action publique, sociologie des professions et sociologie des médias. Apparaît alors
le double visage de la loi, instrument propre de gouvernement et instrument de publicité, qui la
met au coeur des tensions inhérentes au fonctionnement des démocraties constitutionnelles
pluralistes. Si le politique choisit de faire une loi, c’est d’abord parce que celle-ci est le signe qu’il
se saisit d’un problème public jusque-là insoluble. C’est ensuite et surtout parce que la loi offre de multiples prises à la médiatisation. Elle rend donc l’action publique visible. Cependant les médias,
n’étant pas seulement des canaux de transmission mais bien des acteurs à part entière dans le
processus de communication de la loi, peuvent contraindre la formulation de celle-ci, voire
contrecarrer les processus de communication pensés comme stratégiques par les gouvernants, en
s’opposant à la loi. La professionnalisation des acteurs de la communication et le déploiement de
stratégies offensives de communication ne sont donc pas synonymes de « maîtrise » de la
communication par le politique ou l’administration. Et ce d’autant moins que les journalistes
traitent de la loi à partir de leurs propres logiques professionnelles. La démonstration empirique
repose sur l’analyse de corpus presse et l’analyse des discours d’acteurs impliqués dans les
processus de communication de deux lois : la loi interdisant le port de signes religieux à l’école du 15 mars 2004 et la loi d’orientation et de programmation pour la Justice (LOPJ) réformant la
justice des mineurs et instituant la justice de proximité promulguée le 9 septembre 2002.
 
Mots clés : Alceste, Communicants, Communication publique, Journalistes, Justice de proximité, Justice des mineurs, Loi, Médias, Politiques publiques, Publicisation, Voile islamique.