Un nouveau mook pour les communicants : TANK

publié le 18 juil. 2012 à 12:55 par Carole THOMAS   [ mis à jour : 18 mars 2018 à 09:28 ]
 
C’est une agence de com éditoriale (All Contents) qui s’est lancée pour nous proposer un mook spécial com à lire cet été ! Je suis assez mordue de mooks (hybridation de« magazine » et « book ») nés avec l'élégant XXI, complété très vite par 6 mois il y a déjà 3 ans. Cependant, la multiplication de ces beaux objets d'écriture m'interroge sur le public qu'ils visent. Ils sont souvent orientés « décryptage » des nouvelles tendances, voire du futur. Certains se disent ainsi « revue pour changer d'époque » (WE Demain le dernier mook lancé par l'équipe du Nouvel Obs il y a quelques semaines), d'autres se disent « revue du futur » (Uzbeck et Rica qui n'a finalement pas trouvé son public et s'est réorienté vers un magazine plus traditionnel). A force de tourner les pages, j'ai fini par me résoudre à l'idée que les concepteurs destinaient leur production à ceux qui rêvaient de changer le monde... en douceur, sans trop s'impliquer, donc à pas mal de monde, non ? Au gré des (longs) articles, reportages, portraits, nous passons ainsi d' innovateurs, à des (micro) pratiques d'échanges, des initiatives de proximité qui donnent un peu plus de sens à la vie collective, des chercheurs, penseurs, trouveurs d'idées généreuses.... Le tout dans des formats qui explosent les sacro saintes contraintes journalistiques habituelles (150 à 200 p. !) et avec des illustrations à couper le souffle. Certains mooks (moins esthétisants d'ailleurs) ciblent toutefois davantage leur public : les accrocs d'énigmes policières pour Alibi, les « branchés » de  politique et de littérature pour Charles. Shnock (un mook un peu à part puisqu'il cherche à nous faire rire... et y arrive ) dit cibler « les Vieux de 27 à 87 ans » (à la lecture, ils auraient intéêt à démarrer à 47 ans me semble-t-il...). France Culture papiers, vise manifestement ses auditeurs et on se régale en trouvant le complément d'une interview ou la reprise d'un reportage que l'on a pris en cours de route....
TANK ? On y vient. C' est finalement le premier mook qui vise des professionnels, les communicants! Je n'ai pas été très attirée par la couv a priori puisque le grand dossier est consacré aux jeux vidéos (j'ai même trouvé le choix étrange pour un premier numéro !) Mais le traitement multi facettes est tout de suite convaincant. Je conseille notamment de se plonger dans l'abécédaire des jeux vidéos où l'on apprendra qu'UGC n'est pas seulement une marque célèbre de distributeur de films mais désigne aussi des contenus créés par les internautes (« User generated content », tout simplement !). Une analyse vivifiante aussi de Yves Siméon au sujet de l'impact des NTC sur les fondamentaux du marketing où l'on comprend que nos vieux cours sur la mémorisation des messages sont à mettre à la poubelle, le cerveau apprenant à fonctionner différemment grâce aux usages du web, « stockant » moins d'info mais étant plus actif dans l'instant. J'ai aussi compris ce qu'était l'art modeste, revu les fondamentaux du boycott sur internet et adoré les choix de la rédaction pour parler de l'expo Tim Burton sans refaire ce qui a déjà été fait X fois à partir du dossier de presse...TANK, qui place la barre un peu haut dans son édito en affirmant que le métier du communicant est « avant tout de rêver le futur tout en consolidant le présent » (ce qui rappelle l'accroche initiale d'Usbek et Rica « Raconter le présent, explorer le futur ») s'en sort finalement plutôt bien au fil des pages faisant la démonstration que le communicant« façonne sans discontinuité les savoirs ; il veille aux tendances, de la recherche, de l'art, de la technologie... sans exclusivité ».
Comme tout Mook qui se respecte TANK est diffusé dans les (bonnes) librairies et les (vrais) kiosques ou par abonnement (sur le site) pour 14 euros et, comme tout bon mook, il propose à ses lecteurs de contribuer... A vos claviers !

 


 

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